Grands projets du périphérique : les arrondissements de gauche sont-ils privilégiés ?

PERIPHERIQUE. En 40 ans, le périphérique parisien a connu de nombreuses mutations souvent défendues par les mairies d’arrondissement ou des leaders politiques au Conseil de Paris.  L’histoire récente montre en tout cas que les projets menés à leur terme sont souvent portés par des mairies de gauche.

Dans le XVIIe arrondissement, Brigitte Kuster (maire UMP) se bat depuis des années pour obtenir la couverture du périphérique de la Porte de Champerret à la Porte des Ternes (voir notre carte ci-dessous). Problème, si « l’Etat a débloqué 35,7 millions d’euros et la Région 9,3 millions d’euros » selon Hubert Jamault, chef de cabinet de Brigitte Kuster, la mairie de Paris se montre réfractaire.

La couverture du périphérique pourrait être un enjeu important lors des ptochaines  élections municipales

La couverture du périphérique pourrait être un enjeu important lors des prochaines municipales.

200 millions ou 1 milliard ?

 Damien Steffan chargé de communication, à l’Hôtel de Ville confirme que « cela coûte trop cher ». Un argument appuyé par Bertrand Delanoë lors de son discours d’inauguration du parc Anna-Marly jeudi 25 avril en fin de matinée « pour couvrir un kilomètre de périphérique, il faut 1 milliard d’euros ». Du côté de la majorité il semble difficile d’accorder les violons. Damien Steffan évoque un montant de « 200 millions d’euros pour couvrir le périphérique de la Porte de Champerret à la Porte de Villiers ». Une somme qui semble plus proche de la réalité. La couverture de la Porte des Lilas en 2007 a coûté environ 100 millions d’euros. Difficile donc d’imaginer que couvrir le périphérique de la Porte de Champerret à la Porte de Villiers (soit 1,7 kilomètres) puisse coûter cinq fois plus à la mairie de Paris.

L’Etat avait bien donné son aval au financement du projet de la Porte de Champerret

Les incohérences ne s’arrêtent pas là. « A ce jour, j’attends toujours l’argent de l’Etat pour la Porte de Champerret » explique Bertrand Delanoë. L’annonce est surprenante car depuis 2008, l’Etat s’est engagé sur ce projet. Selon Brigitte Kuster, il était prêt à débloquer les 35,7 millions d’euros correspondant à sa part du financement.  «J’ai obtenu, à plusieurs reprises, la garantie de l’engagement de l’Etat (35,7 millions d’euros) et de la région Île-de-France (9,3 millions d’euros) dans le financement du projet » explique t-elle dans une pétition déjà signée par plus de 1 500 personnes. « Un consensus entre l’Etat, la Région et la Mairie de Paris était même en passe d’être trouvé sur la réduction du coût de l’opération, 90 millions d’euros au lieu de 200 millions initialement. » ajoute t-elle.

Autre incohérence, le financement entrait bien dans la programmation de l’agence de financement des infrastructures de transports de France. Et selon la mairie du XVIIe, le préfet de Région Daniel Canépa avait lui aussi confirmé l’engagement financier de l’Etat. 

L’argument du coût pour en cacher un autre ?

Si le coût élevé du chantier peut refroidir la mairie de Paris, une coïncidence troublante apparaît. Plusieurs chantiers du même type ont été bouclés dans des arrondissements où la mairie possède une majorité de gauche. Premier exemple, la couverture de la Porte de Vanves dans le XIVe arrondissement. Cette mairie est dirigée par le maire socialiste Pascal Cherki. Comme le projet de la Porte de Champerret, celui-ci était inscrit au 12e plan Etat région sur la période 2000-2006.  Un tunnel long de 410 mètres a donc été inauguré en 2008 laissant à quai le projet de couverture de la Porte de Champerret.

En 2007, le tronçon de la Porte des Lilas sur les XIXe et XXe arrondissements tous deux dirigés par des maires socialistes a lui aussi ouvert. Simple coïncidence ou fruit du copinage politique ? A la Mairie de Paris, on s’en défend : « C’est une fausse interprétation, si ce projet n’a pas aboutit, c’est qu’il est trop coûteux » assène Julien Bargeton, adjoint chargé des transports. « Ce sont des projets totalement différents. L’un coûte 58 millions d’euros l’autre 100 millions d’euros » estime Damien Steffan.  Quoiqu’il en soit, on est bien loin du milliard d’euros au kilomètre.

Nicolas Elandaloussi

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