Jeunes agriculteurs : à vos pelles, champs, plantez !

EMPLOI. Samuel Vandaele, 26 ans, est « né sur un tracteur ». Pour le jeune agriculteur, la vie à la campagne n’est pas toujours rose. Amoureux de son métier,  il a choisi d’accompagner des jeunes dans leur installation en Seine-et-Marne.

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Le chien Doug suit son maître, jusque dans le tracteur. (Crédit : Alice Méker)

La neige de la mi-janvier n’a pas encore tout à fait fondu à Pécy, en Seine-et-Marne. Samuel Vandaele conduit prudemment. « Il aurait pu déblayer devant chez lui, quand même », peste-t-il en passant devant une ferme voisine. Au milieu des champs, se dessine l’exploitation familiale dans laquelle il vit avec ses parents, sa femme et sa fille de 15 mois.

500 euros par mois

« La Grange aux Bœufs » est une exploitation céréalière de 145 hectares, mais les Vandaele cultivent également la betterave sucrière. « Les 145 hectares ne permettaient plus de faire vivre le foyer. Deux solutions s’offraient à nous : agrandir ou diversifier notre activité. Nous disposions de plusieurs bâtiments à rénover que mes parents ont transformé en gîte et salle de mariage.»

L’exploitation agricole propose aussi des gites et une salle de mariage. (Crédit : Alice Méker)

Samuel a donc choisi de suivre la profession familiale. Une évidence ? « Pour moi, oui ! C’est ma vie. Mais c’est de moins en moins vrai. Les fils d’agriculteurs ne deviennent pas forcément agriculteurs, parce qu’ils ont vu leurs parents en baver. » Le régime des retraites agricoles n’est pas suffisant, selon lui, « surtout quand on cumule les heures toute sa vie pour gagner 500 euros au final, avec une vie de famille bousculée ».

« Notre chance c’est Internet »

Pourtant, l’agriculture attire toujours autant. « Pas toujours pour les bonnes raisons », regrette Samuel. Certains voient encore l’agriculture comme quelque chose de très archaïque, « un poulet contre un sac de blé ». Le jeune cultivateur voit défiler des jeunes Parisiens qui souhaitent « revenir à la terre ». Ceux-ci tombent souvent des nues en apprenant que « ce métier, c’est 40% de temps derrière un ordinateur, à remplir des papiers, préparer des contrôles… »

Fini l’agriculture de papi, les nouvelles technologies ont apporté un souffle nouveau sur l’activité agricole. « Notre chance, c’est Internet. Cela nous permet de nous tenir au courant de la météo à dix jours, de suivre le cours du marché européen et mondial.» Parmi les outils qui ont changé la vie des agriculteurs, le GPS est « un réel progrès » pour le jeune homme. Gain de temps, gain économique, la photosynthèse permet de doser l’engrais « au mètre carré près », grâce à un système de données satellites.

Les Vandaele veulent favoriser l’apprentissage des jeunes. Benoît (à gauche) prépare un Bac pro et travaille à la ferme depuis 5 ans. (Crédit : Alice Méker)

L’installation, le moment le plus dur dans la vie d’un agriculteur

Chaque année en Seine-et-Marne, une trentaine de jeunes se lancent dans le monde agricole, accompagnés par les Chambres d’agriculture et le syndicat des jeunes agriculteurs de Seine-et-Marne. « C’est le moment le plus dur dans la vie d’un agriculteur. On se colle des crédits importants sur le dos, on a peur de ne pas y arriver… » Il a choisi de s’engager par « tradition familiale. Quand on fait partie d’une communauté, celle des agriculteurs, par exemple, c’est important de donner de son temps. »

Pour autant, Samuel Vandaele espère, à terme, s’installer lui aussi, seul. « Devenir chef d’entreprise, et travailler pour soi, c’est l’objectif de tout agriculteur.» Samuel a eu la chance de pouvoir commencer dans l’exploitation familiale, certains passent par des « collectifs d’agriculteurs » pour pouvoir débuter dans de bonnes conditions. Les démarches sont longues et pénibles, il faut « suivre un point information, obligatoire pour toucher les aides à l’installation, monter un dossier avec un plan sur 5 ans, le soumettre à la banque et à un centre de gestion, suivre une semaine de stage pour apprendre tout ce qui a trait à l’agriculture : banque, coopératives, système de vente puis formations spécialisées… », décrit Samuel.

Vivre « à la nature », le grand avantage du métier. (Crédit : Alice Méker)

De quoi en repousser plus d’un ? « Oui, ça peut décourager. Mais ça a ses avantages (il désigne d’un hochement de tête les champs enneigés). De vivre à la nature, de voir les chevreuils, les lapins… »

La vie de famille n’est pas toujours évidente. « Ma femme n’est pas issue du monde agricole. Elle ne comprend pas toujours pourquoi je dois me lever à 5h, pourquoi on travaille le dimanche… Mais je peux aussi prendre la liberté d’emmener mes enfants à l’école le matin. Je gère mon temps.»

Philosophe, il ajoute : « On sème une graine, on la voit pousser et on la récolte, c’est énorme ! C’est comme un enfant quand on y pense. L’agriculture, c’est voir naître et accompagner une plante jusqu’à maturité. Vous en connaissez beaucoup d’aussi beaux métiers ? »

Alice Méker

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