Les femmes, moteur du développement périurbain

Femmes. La zone périurbaine concentre 1,5 millions d’habitants. Une mobilité choisie, ou contrainte, qui concerne des familles écartelées entre leur domicile et leur travail. Comment les femmes s’adaptent-elles à ce nouvel environnement aux portes de la ville ?

Les hommes à la ville, les femmes à la campagne, ou plutôt en zone périurbaine.  A partir du deuxième enfant, de nombreux ménages, décident de s’installer dans une zone intermédiaire entre la ville et la campagne. Motivés par une accession à la propriété plus facile, et par un cadre de vie différent, les couples cherchent de l’espace. Au moins une chambre par enfant, et de la tranquillité. Il faut que leurs progénitures puissent courir sans gêner le voisin du dessous.

Pour toutes ces raisons, les quadragénaires n’hésitent plus à être mobiles. Tellement mobiles que les premières années de leur emménagement en zone périurbaine, l’homme et la femme, quand ils sont actifs, travaillent en ville la journée et rentrent à leur domicile à la campagne le soir. Ce mode de fonctionnement est viable dans une famille avec enfants jusqu’à temps que Marius, l’aîné de la famille commence à faire du foot le mercredi après-midi, que Léa, la deuxième a rendez-vous chez l’orthophoniste tous les mardi soir, sans compter le petit dernier qui ne cesse d’être malade et qu’il faut aller chercher à la crèche tous les quatre matins. Mobile, oui, pour sûr il faut l’être. «Et encore, bien souvent dans un couple, c’est la femme qui gère l’organisation de la famille, donc on remarque qu’une femme sur cinq change de travail après le déménagement de sa famille», avoue Martine Berger, géographe.

Les femmes à l’origine de la mobilité ? 

Plus proches des écoles, des services de proximité et des collectivités locales, les femmes investissent leur environnement en zone péri-urbaine. « L’Ile de France cherche à aménager des villes multifonctionnelles afin de faire gagner du temps aux habitants en développant des services de proximité et des infrastructures adaptées à la vie de famille. Par conséquent les femmes sont les premières concernées par cette politique d’aménagement du territoire », note Alain Amedro, vice-président de la région Ile-de-France en charge du développement.

Conférence au forum Libération, périurbain : mobilité forcée ou mobilitée choisie (crédit Ludovic Clérima)

Conférence au forum Libération, périurbain : mobilité forcée ou mobilitée choisie (crédit Ludovic Clérima)

Si les femmes arrêtent les migrations pendulaires pour pouvoir gérer l’emploi du temps de la famille, elles ne sont pas pour autant inactives. « Contrairement à une idée répandue, la proportion de femmes actives est plus forte en zone périurbaine qu’en agglomération à données sociales égales », révèle la géographe qui a étudié la présence des femmes dans ces zones géographiques. D’abord, parce qu’il faut qu’elles restent actives afin de contribuer économiquement à la vie du ménage et ainsi rembourser le pavillon fraîchement acheté. Leur taux d’employabilité est également plus fort car les villes nouvelles où elles habitent leurs sont favorables. « C’est plus facile pour elles que pour les hommes, de trouver un travail dans ces villes basées sur une économie présentielle liée à la création d’écoles, de services de proximité, d’artisans… » révèle Martine Berger. Le cliché est important. Alain Amedro est d’ailleurs surpris, « je ne pensais pas que l’emploi des femmes était plus conséquent dans le périurbain, mais il est vrai que la région favorise les secteurs de services où la proportion des femmes actives y est plus importante ».

Plus de travail pour les femmes en zone périurbaine

Par rapport aux hommes, les femmes ont un autre atout pour trouver un emploi proche de leur domicile : l’inter-connaissance. Autrement dit, le bouche à oreille. Par la maman d’un copain de son fils aîné, ou la voisine qui a une amie qui travaille dans le même secteur d’activité qu’elle. Les femmes en zone-périurbaine ont davantage de temps que les hommes pour apprivoiser leur environnement et ainsi créer des liens de proximité qui les aideront dans leur recherche d’emploi, dans le privé. Un autre phénomène arrive. « Des femmes travaillent autour des loisirs de leurs enfants. Elles deviennent salariée à temps partiel dans l’association sportive ou culturelle de leur commune », explique la géographe.

Les ménages franciliens, mais les femmes en particulier ont trouvé un nouvel équilibre pour gérer leur mobilité. Même si elle peut-être choisie sous la contrainte, les ménages ont investit leur nouvel espace entre ville et campagne, sous le signe de la femme.

Marion Dubois

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