Disiz : « Les meilleurs sociologues des banlieues sont les rappeurs »

ENTRETIEN. L’artiste Disiz rappe sur les planches de la Maison culturelle (MC) du 93, à Bobigny. Ses textes évoquent une réalité de la vie des quartiers.

Disiz la Peste offre un set au public du forum Ile-de-France 2030 (Crédit: Laura Makary)

Disiz offre un set au public du forum Ile-de-France 2030 (Crédit : Laura Makary)

« On n’est pas à un enterrement, alors vous allez vous lever et crier ! ». Dans la MC 93, une centaine de personnes se sont installés sur les fauteuils gris dans une lumière tamisée. L’ambiance est loin d’être celle des autres concerts de Disiz.

Ici, l’artiste fait crier des brunes en Converse et top en dentelle. Il n’hésite pas à interpeller les quadragénaires encore assis au fond de la salle. Le rappeur d’Evry n’aime pas catégoriser les gens. Disiz n’oublie pas qu’au départ le MC, ou maître de cérémonie, « doit faire en sorte que le public se lève, bouge et s’éclate ».

« Le rap est extrêmement important. Voilà pourquoi Libération devrait avoir une section rap. Les meilleures sociologues des banlieues sont les rappeurs eux-mêmes, dans toute leur diversité. Plutôt que de prendre des experts de l’islam pour parler des banlieues, il faut prendre les gens qui vivent les choses, qui les incarnent », rappelle Disiz.

 « Je vis là où j’ai toujours grandi »

L’Indis et Nakk Mendosa ont aussi performé pendant le forum Libération traitant des mobilités. Les trois rappeurs, originaires de la banlieue, représentaient ceux qui n’étaient pas forcément là en assez grand nombre. Et ces artistes ont distillé leurs expressions, transmettant ainsi la réalité des quartiers populaires de la région parisienne.

« C’est bien d’avoir des débats comme ceux du forum d’aujourd’hui mais je n’ai pas vu beaucoup de mecs de cité. Et je ne parle pas forcément de noirs ou d’arabes mais des personnes résidant dans les quartiers au quotidien. »,  note le MC.

« Je vis là où j’ai toujours grandi. Ce dont je parle dans mes chansons, je le vis encore », explique Disiz. L’interprète de « J’pète les plombs » partage d’ailleurs une expérience qui met en évidence le manque de mobilité entre le centre-ville et ses banlieues:

Marion Dubois et Ludovic Clérima

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Comments

  1. fan2rap@gmail.com says:

    En revanche, il faut arrêter avec le titre « Je pète les plombs » repris comme un cliché, par de nombreux journalistes, lorsqu’ils évoquent Disiz ( et non Disiz la Peste comme on le lit actuellement dans la légende). Ici, il aurait mieux valu parler d’un titre plus en rapport avec l’article cf. l’album « Itinéraire d’un Jeune de banlieue ». Par ailleurs, l’ensemble des rappeurs transmettent une « certaine réalité » et non « la réalité : il n’y a pas que des banlieues malfamées en Île-de-France. Signé, un fan de Hip Hop, lecteur attentif, du blog RER F.

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