Accrochage scolaire : après l’école, la classe est plus folle

SOLIDARITÉ. Une association nationale lancée dans les années 90, l’Afev, lutte contre les inégalités et le décrochage scolaire qui touchent les quartiers populaires. Reportage à Paris dans le quartier de la Chapelle.

Ne pas attendre que l’enfant décroche. C’est le mot d’ordre de l’Afev, l’Association de la fondation étudiante pour la ville, qui affirme que 150 000 jeunes sont concernés aujourd’hui par le décrochage scolaire. Comment « raccrocher » ? Nous avons suivi Rindra, qui souhaite « rendre ce qu’on lui a donné » et son jeune acolyte Hamza.

« Lorsqu’on leur pose la question de ce qui aurait pu leur permettre d’éviter d’arrêter l’école, ces jeunes répondent qu’ils auraient aimé que quelqu’un prenne soin d’eux et les motive, explique Claire Llobet, déléguée territoriale (Paris) à l’Afev. Nos bénévoles étudiants sont souvent ces tiers éducatifs qui peuvent faire le lien entre la famille, l’enfant et l’école. »
Présent dans tous les départements d’Ile-de-France, cette association travaille avec 60 volontaires en Service civique et presque 400 bénévoles à Paris (1 200 sur le territoire francilien). Son objectif est de mobiliser les étudiants pour venir en aide aux jeunes des quartiers, et créer entre eux un lien privilégié, comme l’indique Claire Llobet.

Pour Fatma, maman de cinq enfants, l’accompagnement dont bénéficie son fils est une aide précieuse : « Parfois je n’ai pas le temps de l’aider avec ses devoirs, parfois je ne les comprends pas. » Elle aimerait qu’un jour, ses enfants deviennent bénévoles à leur tour.
Mais il ne s’agit pas que de scolarité : Rindra, l’étudiante en médiation culturelle qui passe deux heures par semaine avec le petit Hamza, organise des sorties culturelles, vient partager un couscous avec la famille, et s’est prise d’affection pour l’élève de CM2.

En décembre dernier, le ministre de l’Éducation Vincent Peillon déclarait : « L’objectif du président de la République est de diminuer par deux [le nombre d’enfants qui décrochent du système scolaire], c’est-à-dire qu’il faudrait arriver à 70 000 à la fin du quinquennat. »
Or, un nouveau fonctionnement reste à trouver face à l’échec scolaire. « Comme ne plus être dans la culture de la réussite et de la souffrance, mais plutôt dans la confiance, la valorisation et l’écoute, fait-valoir Claire Llobet. Et nous axons nos accompagnements sur les moments charnières de la scolarité, comme le passage de la primaire au collège. C’est tout cela le raccrochage. »

Delphine Dubourg et Inès Lima

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Rindra et Hamza travaillent les mathématiques avant de s’attaquer au goûter. (Crédit : Delphine Dubourg)

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