L’explorateur du RER C : Saint-Martin-d’Étampes sous les feux de la rampe

RER. Une heure trente : c’est le temps moyen que passe un Francilien dans les transports. Nos reporters se sont lancé le défi : jusqu’où puis-je aller en 1h30 ? Andréas Petit a choisi d’emprunter le RER C.
Saint-Martin D'Etampes

La Gare de Saint-Martin-D’Etampes (Crédit : Andréas Petit)

À la station Saint-Michel à Paris, un écran m’indique 15 minutes d’attente pour le train de Saint-Martin-d’Étampes, le terminus de la ligne. Dix minutes plus tard, la voix m’annonce suavement que mon train aura un léger retard. Bon, jusque-là, rien à signaler…

Mon train arrive. Un classique de la ligne C, deux étages avec des banquettes marron. En m’asseyant, je remarque des portemanteaux entre les fenêtres et même des porte-parapluies. Les trains sont plus confortables que sur les autres lignes. Une question de standing sans doute. La ligne C passe par le huppé Ouest parisien… Nous arrivons à la station Bibliothèque François-Mitterrand. Cette espèce de temple à la gloire de l’architecture soviétique : immense, droit, et gris.

Le train redémarre et nous sortons des tunnels. C’est enfin le grand air, sous un ciel limpide. Le soleil brille sur les toits de tôles des campements roms. Mais le train file et prend de la vitesse. Dans le wagon, un courant d’air glacé attaque chaque morceau de peau non protégé. D’ailleurs, plus nous nous éloignons de Paris, plus la neige tient.

Discussion avec Mesdames

Je suis assis en face de deux personnes âgées en pleine discussion sur l’informatique : « Moi j’ai Windows 7 et j’en suis très contente. » « Moi je ne peux plus me passer des courriels… » Assez calées pour des mamies. Pour passer le temps, j’engage la conversation. Elles viennent de Seine-Maritime, et c’est la première fois qu’elles prennent le RER.

De vraies pipelettes, jusqu’à ce que je leur demande où elles vont. « Nous allons nous recueillir sur la sépulture d’une amie ». Bravo, je viens de casser l’ambiance… Elles descendent à Brétigny, comme presque tout le monde dans le wagon. Nous ne sommes plus que cinq. Je suis parti depuis seulement 30 minutes, et ça commence à être long.

De plus en plus loin, de plus en plus seul

Dehors, le paysage a changé : place à une forêt enneigée. C’est très beau. Mais après deux minutes de contemplation, c’est tout le temps la même chose… Je n’ai pris ni musique, ni livre, et je n’ai qu’un seul jeu sur mon téléphone, que je connais par cœur. Le temps passe lentement. La gare de Marolles-en-Hurepois me divertit avec son nom étrange. Mais en contrepartie, elle me prend mes deux derniers compagnons de voyage.

C’est long et à cause du froid je ne sens plus ni mes mains ni mes pieds. À 15 euros l’aller-retour, ils pourraient au moins mettre le chauffage !

La fin des transports en commun

J’arrive enfin au terminus. En sortant du train, j’ai une belle vue sur la petite ville de Saint-Martin-d’Étampes, avec sa célèbre église penchée. D’ailleurs, je vous conseillerais presque de vous taper le transport rien que pour la voir.

La gare me déçoit un peu, juste un quai et un petit bâtiment fermé. Moi qui pensais prendre un café pour me réchauffer, c’est raté.

Impossible de continuer

Je suis parti depuis 1h20 et, pour mes dix dernières minutes, j’espère pouvoir monter dans un bus pour aller encore plus loin. Mais j’ai beau chercher autour de la gare, impossible d’en trouver un. Pour aller plus loin, il faut une voiture, sinon c’est à pied. Et vu l’étendue des champs traversés juste avant, il faut vraiment être motivé ! L’aventure s’arrête donc là pour moi. Les gens qui font ce voyage tous les jours ont pas mal de courage, mais surtout plusieurs heures de musique ou un bon gros livre !

Andréas Petit

Publicités

Comments

  1. Ah, la ligne C ! Avoir l’air d’une sardine le matin aux heures de pointe, regarder défiler des champs d’orge et des zones industrielles, parfois la Tour Eiffel et la Maison de la radio, entendre les touristes entre Champ-de-Mars et Saint-Michel, voir les fans du PSG les soirs de match à Javel ou à Boulainvilliers…
    Cette ligne et moi, on est comme un vieux couple partagé entre l’amour nécessaire et la lassitude du quotidien.
    C’était courageux d’aller jusqu’à Etampes. Bravo. Mon record, c’est Pont de Rungis. Mais au départ de Saint-Gratien.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :