L’explorateur du RER A : Maisons-Laffitte, l’oubliée des transports

RER. Une heure trente, c’est le temps moyen que passe un Francilien dans les transports. Nos reporters se sont lancé le défi : jusqu’où puis-je aller en 1h30 ? Séga Kanouté a choisi d’emprunter le RER A.

DSC_7334Il est 10h35. Je vagabonde dans la gare de Châtelet. Je décide de prendre le RER A, le plus fréquenté de l’Ile-de-France, dont les directions sont nombreuses (Cergy, Poissy, Saint-Germain-en-Laye, Marne-La-Vallée et Torcy).

Direction Saint-Germain-en-Laye. 1h30 de trajet ? Je devrais pouvoir atteindre sans encombre le terminus en 25 minutes comme le prévoit le site de la RATP. Par chance, il y a un RER toutes les 10 minutes pour cette direction, contrairement à ceux qui vont vers Cergy.

Thierry Sibieude, conseiller général du canton de Cergy Nord, a d’ailleurs écrit au maire de Cergy pour que cela change… Les Cergyssois devront faire preuve d’un peu plus de patience en attendant au moins 15 minutes entre les RER pour se diriger vers la métropole du Val d’Oise.

Un trajet en RER

Un premier RER arrive. Un coup d’œil à l’intérieur : ce n’est pas le plus confortable. Le wagon est mal éclairé, il est bondé et sale, les sièges sont vieillissants… Ouf, ce n’est pas le mien, il se dirige vers Cergy.

10h45. ZEBU 85 est sur le quai. ZEBU ? C’est le petit nom donné au RER que je m’apprête à prendre. C’est son « code mission ». La première lettre de ce code mission correspond au terminus de la destination, le Z c’est pour Saint-Germain-en-Laye. Pour le reste des lettres, peut-être vaut-il mieux poser la question à un conducteur.  DSC_7338

Une petite pièce ?

Je m’apprête à plonger dans mon RER quand un homme propre sur lui, la quarantaine, avec la tenue classique pour l’hiver (doudoune, jean et bonnet) m’interpelle tout sourire :

– Excuse-moi, tu n’as pas une pièce ?
– Euh non… Désolé…
– Alors, une petite pièce ?
– Non plus… Vraiment désolé…
– Allez, un billet… finit-il par me demander le plus sérieusement du monde.

J’entre dans ma rame de RER. Lumineux, sièges entretenus, rien ne traîne par terre. Je m’attends à passer 1h30 de folie comme lorsque je le prends à l’heure de pointe : debout, transpirant. Dans un peu plus d’une heure, je maudirai la RATP.
En fait, j’ai le choix. Je m’étale dans un carré pour quatre personnes.

La Défense, tout le monde descend !

Vingt-cinq minutes plus tard, je suis encore en vie mais pas encore arrivé, comme me le promettait le site de la RATP. Jambes croisées, je regarde le paysage sombre du souterrain. J’arrive à La Défense, tout le monde descend ! Nous ne sommes plus qu’une dizaine dans le RER. Je peux maintenant entendre la conversation de l’homme qui se trouve derrière moi. Un prêt qu’il a demandé à sa banque et qui, semble-t-il, lui a été refusé. La campagne de communication de la RATP n’a pas eu les effets escomptés sur certains usagers.

Le tunnel crache enfin le RER à Nanterre Université. J’aperçois pour la première fois depuis Châtelet, le soleil. Une femme à l’avant du wagon est au téléphone. Elle annonce, sûre d’elle, à son interlocuteur : « J’arrive à Saint-Germain-en-Laye dans deux minutes »… au lieu d’au moins 15 minutes depuis Nanterre Université. Elle arrive, comme moi, à 11h20 à Saint-Germain-en-Laye. J’ai donc mis 45 minutes (attente comprise) pour arriver au terminus.

Ce sera le bus numéro 2, direction…

La mission continue. Le hasard fait le reste. Je sors de la gare. Il y a une zone de bus non loin du château de Saint-Germain-en-Laye, la ville des Rois : jadis y naquit un certain Louis XIV. Le choix s’impose à moi, il n’y a qu’un bus. Ce sera le bus numéro 2, direction… et bah ce n’est pas noté ! Et il part à… ? Bah je ne sais pas non plus à quelle heure il part, les horaires ne sont pas inscrits.

Dans un bus où il fait frais (le moteur est éteint), j’apprends en regardant le plan que je me dirige vers Maisons-Laffitte, une autre commune des Yvelines desservie par le RER A. La ville est surtout réputée pour les évènements hippiques qu’elle organise sur son hippodrome. Quinze minutes plus tard, le bus démarre enfin. Il s’éloigne du centre de Saint-Germain-en-Laye pour longer sa forêt enneigée. J’y découvre le paysage enneigé de la ville de Mesnil-le-Roi, uniquement desservie par cette ligne de bus du groupe Veolia.

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Un retour décourageant

D’après le plan, aucune interconnexion avec d’autres bus ou gares n’existe. La ville semble avoir été oubliée des réseaux de transports. Détenir une voiture est obligatoire. Le bus emprunte alors des routes sinueuses, des petites côtes pour rejoindre Maisons-Laffitte. J’arrive enfin au bout de 30 min.

Et si je tentais le parcours dans le sens inverse ? À Maisons-Laffitte, je regarde les horaires du bus 2. Il aurait fallu que j’attende près d’une heure pour avoir le même bus reliant Maisons-Laffitte et Saint-Germain-en-Laye. Une heure d’attente pour 30 minutes de trajet. Mais il existe une autre solution : prendre le RER A, revenir vers Paris (à l’arrêt Nanterre Préfecture) et se diriger ensuite vers Saint-Germain-en-Laye.

Temps de trajet réalisé au minimum pour mon retour : une heure. Une conclusion sans doute décourageante  pour les usagers qui font ce parcours tous les jours.

Séga Kanouté

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